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Déc 20 2016

« EGU’s Teacher at Sea »

Les professeurs embarqués sur des missions océanographiques

par Christophe LE GALL, SVT, Lycée Jules Haag, Besançon

 

L’EGU (European Geosciences Union) est une association dédiée aux géosciences et à leur promotion. Ils organisent un congrès annuel chaque mois d’avril à Vienne, en Autriche. A cette occasion, ils invitent des enseignants dans un forum dédié, le GIFT (Geosciences Informations for Teachers). C’est ce comité pour l’éducation qui propose (lorsque des places sont ouvertes) des postes de professeurs embarqués à tous les professeurs européens ayant manifesté de l’intérêt pour le GIFT. Ce fut le cas en 2014 pour l’expédition Eurofleets2-PREPARED, et une enseignante italienne fut alors sélectionnée. Une autre expédition se préparant, un appel à candidature a été lancée via le réseau du GIFT de l’EGU. Cette expédition, dénommée BURSTER, fut initiée par des scientifiques de l’OGS (Istituto Nazionale di Oceanografia e di Geofisica Sperimentale) de Trieste, Italie. Elle avait pour objectif l’étude des courants profonds autour de l’archipels des Svalbard, dans l’Océan Arctique. Elle est incluse dans le programme Eurofleets2, programme européen de recherche océanographique destinée à mettre en commun les ressources, notamment les temps disponibles sur les navires de recherche. Pour cette expédition, le vaisseau fut le R/V Polarstern, un brise-glace de 110 m de long et principal navire de l’institut allemand  AWI – Alfred Wegener Institute for polar and marine research , à Bremerhaven, en Allemagne. L’expédition (PS 99.1) eut lieu en juin 2016, et dura 11 jours, avec 7 jours de voyage de Bremerhaven vers les Svalbard et 3 jours de travail de collecte d’échantillons au sud-ouest de l’ile de Spitzberg.

En tant que professeur de SVT, j’ai eu la chance d’être sélectionné pour accompagner cette mission scientifique. L’essentiel de notre travail ayant lieu dans les salles de classe, nous ne connaissions pas très bien le travail des scientifiques de terrain. Et que dire de l’idée préconçue que se font nos élèves des chercheurs, des savants fous en blouse blanche, le nez collé au microscope ? J’ai ainsi pu partager le quotidien des scientifiques en mission, les questionner sur leur travail, leurs formations, leurs carrières, leurs personnalités et aussi m’intégrer à l’équipe, et les aider dans leur collecte de sédiments et autres échantillons. J’ai eu une double mission : le première fut celle de communiquant, parler et faire parler de la mission, prendre des photos, publier des posts. En effet, grâce aux réseaux sociaux (et à la connexion internet par satellite du navire), il est possible d’échanger avec le public, notamment nos élèves, pour faire évoluer leurs idées sur la science actuelle, tout en les faisant rêver un petit peu ! Depuis le Polarstern, je passais une heure par jour à alimenter un blog (http://eurofleets2burster.blogspot.fr/) et une page Facebook (https://www.facebook.com/eurofleets2burster2016) par des publications quotidiennes. Ce fut suivi régulièrement par plus de 150 personnes, des élèves, des enseignants français et européens (merci le réseau du GIFT), ainsi que d’autres curieux et intéressés. Certains posts ont été vus presque 1000 fois !

Ma seconde mission était surtout de faire partie de l’équipe BURSTER, et donc d’effectuer les taches requises pour le déroulement de l’expédition : installation du matériel, rangement, collecte des échantillons, lavage et tamisage de sédiments, référencement des échantillons… En partageant leur travail quotidien durant la mission, j’ai pu prendre conscience des différentes facettes de leur travail, en encore, ce n’est que la partie « de terrain » !  Ces connaissances acquises me permette d’être plus au clair quant à ce que j’enseigne, et notamment sur l’obtention des données de terrain, qui nécessite plus d’effort que de faire une simple recherche d’un document en ligne !

On peut donc remercier l’EGU et son comité pour l’éducation de proposer une telle opportunité qui permet à la fois de promouvoir les géosciences, de mieux renseigner les enseignants et de pouvoir élargir que le grand public.