Cortège des roches vertes de « Courmont » – Courmont

Cortège des roches vertes de « Courmont » – Courmont

Objets géologiques

 

 

Vue d’ensemble : Carrière de Courmont carriere1
Affleurement : Andésite carriere2
Echantillon : Andésite roche
 Interprétation de la vue d’ensemble

Fiche de localisation du site

Département : Haute-Saône

Commune : Courmont
(70400)

Lieu dit :

Coordonnées GPS
47.59425586117978 ; 6.632480621337891
Altitude : 448 m
Carte I.G.N. 1/25000
Carte Belfort/Montbéliard/Héricourt

Carte Géologique 1/50000
LURE

Accès : A la sortie d’Héricourt, au niveau de Couthenans, prendre la D9 en direction de Villersexel jusqu’à Saulnot, puis la D96 en direction de Courmont. Cette carrière se situe à 2 km au sud de Courmont le long de la départementale D96.

Stationnement :

Sécurité :

 

Pistes pédagogiques

Objectifs pédagogiques :

Limitée en raison de la complexité des roches : – ne répondent pas au standard des andésites, – identifications minéralogiques difficiles, – familles de minéraux pas vraiment celles qu’on étudie dans le cycle secondaire…)

En revanche, intéressantes en lame mince pour la structure des roches volcaniques

Interprétation géologique

Histoire géologique :

Contexte géologique

Intercalées dans des formations détritiques (grès, poudingues, schistes et grauwackes) dévono-dinantiennes (notées dh sur la carte) qu’elles trouent, les roches vertes de « Courmont » constituent un pointement volcanique de faible extension (150 m environ le long de la D96). Largement entourées de rhyolites permiennes (notées rπ sur la carte), elles forment l’extrémité occidentale du massif de Chagey.

extrait-lure
Extrait de la carte géologique de Lure 1/50000

 

Position dans l’échelle stratigraphique

L’échelle proposée sur le site fait surtout référence aux formations du Jura et n’est pas suffisamment précise pour « situer » le pointement volcanique de roches vertes…

Les roches vertes sont situées sous les séries permiennes et carbonifères (houiller). Elles sont probablement liées à une phase volcanique datant de la fin du dévonien ou de la base du carbonifère.

 

Objets géologiques observés dans la carrière

On a pu identifier dans la carrière, ouverte en bordure de la D96, 4 roches étroitement associées, appartenant au cortège des roches vertes :
– des andésites pauvres en épidote (1)
– des « andésites » à oligoclase (2)
– des albitophyres à épidote (3)
– des spilites sans épidote (4)

 

Description

Toutes sont des roches à fond gris vert, mésocrates. Toutes ont une structure microlithique porphyrique. En revanche elles sont plus ou moins vacuolaires.

Les phénocristaux sont de nature feldspathique exclusivement. Il s’agit toujours de feldspath plagioclase mais dont la teneur en anorthite diminue régulièrement à mesure qu’on se rapproche du terme spilitique. Il s’agit d’abord d’andésine An 30 (1) puis d’oligoclase An 25 (2), d’albite An 10 (3) et d’albite An 6 (4). Ceux-ci sont plus ou moins altérés. L’altération se traduit par l’apparition de fines paillettes de séricite, de grains de calcite et d’épidote, de fines aiguilles de chlorite. Ils contiennent enfin de nombreuses inclusions de minéraux opaques (ilménite, goethite).

NB : Il n’y a pas de minéraux ferro-magnésiens (à l’exception des chlorites), pyroxènes ou amphiboles comme dans les andésites classiques.

La pâte est composée de microlithes feldspathiques de même nature que les phénocristaux et de verre plus ou moins dévitrifié où on trouve de la chlorite à structure réticulée, de la calcite, des cubes de pyrite, des grains de sphène et des minéraux opaques.

Les vacuoles plus ou moins abondantes selon le type de roche, sont nettement différenciées du reste de la pâte grâce à une paragénèse particulière. Dedans ont cristallisé des minéraux comme la calcite, la chlorite, l’épidote, la calcédoine, le quartz, la pyrite…

 

Essai de filiation entre ces 4 types de roches

On peut imaginer un magma de nature andésitique riche en fluides. Ce magma a donné naissance aux phénocristaux et aux microlithes de Feldspath plagioclase (andésine ou oligoclase). La circulation des fluides a permis la cristallisation de la chlorite, soit par dévitrification d’un verre précocement consolidé, soit directement à partir du liquide initial. La paragénèse particulière de la pâte (chlorite – plagioclase) prouve que les conditions étaient telles qu’elles n’ont pas permis la cristallisation de pyroxènes.

Les gaz contenus dans le liquide ont créé des bulles, la dégazéification a entraîné la formation de vacuoles. Celles-ci se sont remplies de minéraux de basse température comme la chlorite, l’épidote ou le quartz.

Petit à petit le magma résiduel s’est enrichi en alcalins et en solutions pneumatolytiques et hydrothermales à l’origine du spilite (dont la composition classique est albite – chlorite). La chlorite souvent à l’état de verre constitue un argument en faveur d’une paragénèse spilitique primaire.

Toutefois l’abondance d’épidote, de pyrite, de calcite…dans certaines zones de l’affleurement est probablement liée à l’existence d’un hydrothermalisme et de cassures profondes du socle.

 

Lames minces des roches

andesite-pauvre-epidote
Andésite pauvre en épidote : phénocristaux de plagioclase dispersés dans une pâte

andesite-oligoclase1
Andésite à oligoclase 1 : association de cristaux de plagioclase ; plans de mâcles flexueux

andesite-oligoclase2
Andésite à oligoclase 2 : la chlorite tend à envahir toute la surface du plagioclase

spilite
Spilite : Chlorite en inclusion dans un cristal d’albite

albitophyre-epidote1

Albitophyre à épidote 1 : cristal de plagioclase rongé par de l’épidote

albitophyre-epidote2

Albitophyre à épidote 2 : vacuole à paragénèse chlorite – épidote – quartz

albitophyre-epidote3
Albitophyre à épidote 3 : vacuole à paragénèse épidote – calcite

albitophyre-epidote4

Albitophyre à épidote 4 : vacuole à paragénèse chlorite – quartz

 

Compléments

Extrait de la carte géologique 1/50 000 de LURE – B.R.G.M.

carte-geol

carte-lureC
Carte géologique simplifiée de la feuille de Lure

Source : carte géologique de Lure au 1/50 000 (1967).

 

Le socle, c’est-à-dire le substrat anté-houiller, est représenté par le complexe Dévono-Dinantien.

Dans le massif de Chagey les calcaires cristallins Franiens sont recouverts par des calschistes Faménniens.

Ces roches sont recouvertes en discordance par des schistes, des grès, des grauwackes et des poudingues qui seraient d’âge Dinantien.

Des andésites (carrière de Courmont, anciennes carrières au Nord de Chagey) et des rhyolites s’interstratifient dans ce conplexe Dévono-Dinantien.

Suite à des mouvements compressifs postviséens (phase Sudète), la chaîne hercynienne se met en place : sur ces reliefs se développe la forêt houillère.

Le houiller limnique, d’âge Stéphanien, repose en discordance sur ce socle.

Discordant sur le Houiller, le Permien présentent des formations détritiques provenant de l’érosion de la chaîne Hercynienne. Ces dépôts continentaux sont accompagnés d’un volcanisme rhyolitique.

Au Trias, une sédimentation gréseuse et transgressive envahit la région. Des dépôts marins se mettent en place au Trias moyen suivis par des évaporites au Trias supérieur.

Une série pratiquement continue du Lias au Kimméridgien marque la transgression Jurassique.

La région reste ensuite émergée durant la majeure partie du Crétacé et de l’Eocène. Des dépôts lacustres et des minerais de fer sidérolithiques se forment au Lutécien.

La région de Montbéliard constitue à l’Oligocène le fond d’un golfe occupant le fossé rhénan : des conglomérats côtiers du système de Bourogne s’installent à l’Oligocène inférieur.

Au quaternaire, la région est soumise à une période de glaciation marquée par des alluvions et des dépôts fluvio-glaciaires rissiens.

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